Pourquoi le bouchon en liège pour le vin ?

Pourquoi bouche-t-on les bouteilles de vin avec un bouchon en liège ?

C’est vrai, avec les avancées technologiques actuelles, nous pourrions avoir un matériau de synthèse qui remplace ce produit naturel. Il donne parfois un mauvais goût et une mauvaise odeur au vin. Je me suis donc penché sur cette interrogation et je vais vous faire part de mes découvertes. Ce fameux bouchon en liège ne se laisse pas remplacer facilement

Un peu d’histoire pour commencer

amphore-a-vin autrefois avec bouchon en liège

On peut dire que l’utilisation ne date pas d’hier, des amphores grecques qui datent du Vème siècle avant Jésus-Christ utilisaient déjà cette technologie. Le transport du vin avec ce système permet l’exportation. Les qualités du bouchon en liège étaient reconnues et appréciées. Parfois une invention géniale peut tomber dans les oubliettes, ce fut le cas pour celle-ci, au IIIème siècle, plus de trace de ces fameux bouchons qui ont fait la réputation des hellènes et leur richesse. A partir de ce moment, ce sont les celtes qui prennent le relais du commerce du vin et délaissent ces amphores trop lourdes et trop fragiles pour des tonneaux de toutes tailles qui peuvent se rouler facilement et une bonde en bois remplace pour plusieurs siècles le liège.

Nouvel essor du bouchon en liège

C’est la bouteille en verre qui est l’amie du liège. Ce couple apparaîtra au XVIIème siècle pour ne plus se quitter jusqu’à nos jours. Un moine, un certain Dom Pérignon, trouve avec ce binôme une solution viable pour conserver le vin pétillant qu’il fabrique. La pression à l’intérieur des tonneaux est tellement forte que les bondes classiques sautent. Le matériau est stable, ses qualités mécaniques exceptionnelles, il se généralise, surtout lorsqu’on découvre que le vin gardé de cette façon peut se bonifier avec le temps. Au départ, on fait toujours le transport au tonneau et le bouchage n’intervient que dans la propriété mais en 1924, Le château Mouton-Rothschild lancera sur le marché les premières bouteilles bouchées au liège, la qualité est suffisante pour supporter les voyages.

Mais au fait d’où tire-t-on le liège ?

Ce n’est ni plus ni moins que l’écorce d’un arbre, le chêne-liège. La récolte est une affaire de temps et de spécialistes. Pour faire un bouchon en liège digne de ce nom, l’arbre aura au minimum 45 ans. Deux récoltes n’auront pas les qualités indispensables pour la fabrication de bouchons. A partir de là, ce sont dix années entre chaque prélèvement et les traitements des planches ainsi obtenues sont nombreux et méticuleux. C’est à coups d’emporte-pièce que le produit brut est prêt pour s’adapter à l’usage qu’on lui destine.

chêne pour bouchon en liège
chêne pour bouchon en liège

Il est maintenant temps de parler des différents types de bouchons.

Les qualités d’un bouchon de liège sont nombreuses. Il existe des usages différents selon le procédé de fabrication et la constitution physique.

Le bouchon en liège de première catégorie est les plus haut de gamme, il n’a quasiment aucune imperfection. Il se compose d’un morceau de liège d’une seule pièce avec la longueur adaptée à la bouteille à laquelle il est destiné. Les tests subits le place en haut de l’étagère et le manufacturier va garantir son usage pour boucher les bouteilles pour au moins onze ans. Il est souvent personnalisé pour le vigneron avec un marquage au feu ou avec une encre spéciale. Son petit frère de deuxième catégorie lui ressemble beaucoup, mais quelques petits défauts le déclasse. Il est garanti pour un bouchage jusqu’à huit ans. Encore plus bas la troisième catégorie arrive, moins cher mais avec encore beaucoup de vertus, on parle de sept ans.

Les lecteurs qui ont lu cet article, ont aussi lu :  Le verre à vin est-il vraiment important ?

La technique vient au secours des qualités inférieures

Quand la nature du liège commence à se dégrader, il n’est pas question de perdre ou gaspiller un élément avec autant de propriétés. Des lenticelles de plus en plus nombreuses apparaissent, il faut réagir. C’est là qu’intervient le colmatage, on injecte de la colle pour fermer au maximum ces irrégularités. Bien entendu, le sérieux et les normes imposent des substances complètement compatibles avec le but recherché ; boucher la bouteille.  Bouchon colmaté catégorie D durée conseillée quatre ans.

Quelques autres bouchons mono pièce

Le bouchon à tête  partage son travail avec une tête en plastique, verre ou un autre. Sa raison d’être est de pouvoir boucher et reboucher la bouteille plusieurs fois. Par exemple vous ouvrez un flacon de cognac, il n’est pas certain que le finissiez dans la foulée. On remet donc le bouchon en place, il est conçu pour cet usage.

Le bouchon en liège conique lui aussi sert à reboucher plusieurs fois la bouteille. Il dépasse généralement du goulot pour pouvoir s’attraper facilement avec les dents (dans les films). Sa durée de vie est plutôt courte, au bout d’un an c’est le recyclage.

Il reste encore les bouchons composites

Différentes couches composent ces derniers pour profiter de toutes les propriétés du liège :

L’aggloméré se constitue de particules de lièges broyées, de granulat. Il est réservé aux vins tranquilles et sa durée de vie préconisée ne va guère dépasser six mois

Une évolution de l’aggloméré est le bouchon n+n. Vous ajoutez simplement aux extrémités des rondelles en liège naturel collées. Avec ce système on retrouve les qualités du bouchon monobloc avec la rondelle en contact avec le liquide.

Le cas du champagne, comme pour les millésimes. Le champagne profite d’un bouchon en liège spécialement créé pour lui. La pression exercée sur ce dernier est énorme comparée aux vins tranquilles. Il faut donc l’adapter pour garder le précieux liquide dans sa bouteille. Vous l’observerez la prochaine fois que vous ferez sauter un bouchon. Comme pour le précédent il est en partie aggloméré et également avec des rondelles. Le plus surprenant c’est qu’à la base sa forme est parfaitement cylindrique, ce n’est qu’après bouchage et museletage qu’il prend sa célèbre forme en champignon.

Ouf, écrire cet article m’a donné chaud, je vais peut-être aller ouvrir une bouteille de rosé, une côte de Provence par exemple ? Horreur un bouchon synthétique ! Je vais donc poursuivre mon enquête. Ce sera l’objet d’un prochain article.

Pour compléter cet article, je vous invite à télécharger gratuitement mon bonus à l’aide du formulaire ci-dessous. Il vous informera des actions à entreprendre pour faire face à la situation déplaisante du vin bouchonné et du pourquoi de ce goût de moisi.

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