C’est quoi au juste le phylloxéra ?

Phylloxéra, un mot qui fait peur

Voici un mot qui fait trembler des générations de vignerons. Des domaines entiers ravagés par cette « maladie » avec la ruine des victimes. Mais au fait qu’est-ce que c’est que cette bête-là ? Comment est-elle apparue ? Mais surtout comment a-t’on pu surmonter le désastre ? Même pour un non initié, Le phylloxéra, résonne comme une calamité digne des sept plaies de l’Egypte. Les hommes ont tenté en vain beaucoup de stratégies pour d’en débarrasser. Mais au fait c’est quoi le phylloxéra ?

Petit mais très agressif

Différentes formes du phylloxéra
Différentes formes pour le phylloxéra

Un puceron, un être minuscule qui trouve dans la vigne un met de choix. Pourquoi se priver alors que les hommes plantent des hectares et des hectares de ces plantes bien en rang pour bien en profiter ? Le nom scientifique : Daktulosphaira vitifoliae, est une espèce d’insectes hémiptères de la famille des Phylloxeridae. Voilà pour le nom dont vous n’allez pas vous rappeler !

Depuis quand est-il là ?

En France, cet insecte est apparu pour la première fois en 1863. Il aime voyager, même avec ses pattes minuscules il a pu venir de l’est des Etats-Unis, à cause d’importateurs imprudents. Une fois sur le vieux continent, il se répand comme une véritable traînée de poudre. Il envahi les domaines viticoles les uns après les autre avec une vitesse à peine croyable. Rien ne semble pouvoir endiguer sa progression d’environ 15 km par an. Les scientifiques de l’époque restent interdits devant le phénomène. La bête s’attaque non seulement aux feuilles, ce qui constitue la partie visible de l’infestation, mais surtout aux racines. Le cep meurt en 3 ans sous les assauts de cet envahisseur.

Comment le phylloxéra agresse-t-il la vigne ?

phylloxéra œufs
le phylloxéra œufs

C’est un travail de sape, il suce les racines avec un rostre qui lui permet, tel une seringue de pomper leurs énergies. Quand la première victime n’a plus rien à donner, la racine suivante subit alors le même sort et ainsi de suite jusqu’à la mort du pied de vigne. Son système de reproduction est imparable. Les femelles sont capables de pondre des œufs sans faire appel à un mâle dans un premier temps (la parthénogénèse). Ces femelles peuvent ainsi se multiplier dans le feuillage pour tout envahir. Certaines subissent des mutations pour s’attaquer ensuite aux racines. La vigne a peu de répit. Aux beaux jours avec une mue supplémentaire, des femelles se transforment en nymphes à l’origine d’individus ailés. Une reproduction sexuée avec des mâles ne vivant que pour l’acte de reproduction et une migration s’installe pour coloniser d’autres ceps.

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L’homme a cherché des moyens pour lutter

Traitement pour le phylloxéra
Traitement pour le phylloxéra

La chimie fut la première réponse. Directement injecté au niveau des racines, du sulfure de carbone, toxique pour le phylloxéra mais neutre pour la vigne, a permis de sauver quelques arpents. La méthode n’est pas très efficace et onéreuse. De nombreux produits furent testés avec plus ou moins de bonheur, mais aucun n’a réussi à éradiquer les bestioles. On a même tenté de les noyer en inondant le vignoble dans les endroits où c’était possible. La culture dans le sable donne de bons résultats également mais on ne pas étendre cette méthode partout.

La lumière arrive après les échecs

La principale victoire fut obtenue en remontant à l’origine du mal. Les vignes américaines soumises au phylloxéra depuis longtemps résistent sans problème et l’attaque des insectes ne l’empêche pas de prospérer. Cependant les variétés de raisins produites ne sont pas du goût européen. On parle même de goût foxé (goût d’urine de renard). D’où l’idée de greffer sur des pieds américains résistants, des variétés plus reluisantes. On obtient ainsi des raisins qui prennent les qualité du greffon sans les défauts du porte-greffe.

La carte des régions viticoles a changé

Il y eut de nombreux essais et enfin des variétés donnant des bons vins furent mise au point. Le tribut à payer fut lourd, la culture de la vigne, dans l’affaire a disparu de régions entières comme l’ile de France. La vigne a reculé partout au bénéfice de cultures fourragères. La France qui exportait une partie de sa production se trouve en position d’importateur. La qualité n’est pas toujours au rendez-vous.

Le phylloxéra est toujours là

A toute chose malheur est bon. Puisqu’il faut replanter, autant le faire intelligemment. La mécanisation arrive, on adapte les plantations aux tracteurs, les rangs deviennent réguliers et palissés au fil de fer. Les rendements s’améliorent en qualité et quantité. On adapte des porte-greffes à des régions aux sols avec des caractéristiques différentes. Aujourd’hui, l’insecte existe toujours mais il est maîtrisé. Au moindre écart cependant il revient en force comme en Californie en 1990 par exemple. Suite à l’emploi de porte-greffe pas assez résistant et employé massivement, le phylloxéra s’est rappelé à notre bon souvenir.

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