Comment on fabrique le rosé ?

Des questions légitimes sur le rosé

Vous avez remarqué, plus on se rapproche de l’été, plus le vin rosé est apprécié. En effet, il évoque la chaleur, les vacances et la convivialité. La Provence, qui en est un des principaux pourvoyeurs, l’a très bien compris, cette région s’en est fait une spécialité. Mais c’est quoi du rosé ? C’est du vin blanc mélangé avec du vin rouge ? Une fabrication spéciale ? Des cépages spécifiques ? Je n’en sais rien mais comme je suis curieux et un petit verre de rosé en apéritif c’est agréable, Je dois mener l’enquête pour nous éclairer sur ce sujet. comment on fabrique le rosé. Certes, je me rends rapidement compte que d’autres ont déjà des réponses, cependant aucune ne me satisfait complètement. Je m’y colle !

Depuis quand existe-t-il ?

L’histoire est toujours pleine d’enseignements, je pensais bêtement que le vin rosé était une invention récente, une idée marketing pour mettre de la gaieté dans la couleur des vins. Pas du tout et bien au contraire, le vin a commencé sa carrière sous forme de rosé. Personne n’a vu ce que contenaient les gobelets de l’époque, mais des écrits et des fresques racontent la fabrication du vin à ce moment-là. Les expert sont formels, il était clair et plutôt de couleur rose. Que ce soient les égyptiens, les grecs ou les romains, tous avaient une technique similaire et buvaient déjà leur rosé au soleil. A partir d’aujourd’hui, lorsque vous regarderez un film ayant pour cadre cette époque avec du vin rouge, l’anachronisme n’est pas loin.

Les habitudes vineuses évoluent

Badaboum, dès le début des années 1800, c’est la chute du rosé qui tend même à disparaître au profit du rouge. Le rouge plus tannique est considéré comme plus nourrissant. C’est donc la période noire du rosé, lui qui aime tant les couleurs. Heureusement les années 2000 deviennent plus favorables avec une image qui se redore ou plutôt qui s’éclaire. Ouf, il faut reconnaître qu’un petit cubi de rosé lors d’une fête d’été entre amis, a une espérance de vie à peine plus longue que Lucky Luke ne met de temps à dégainer.

Mélange blanc sur rouge ?

J’attaque la technique, pour commencer le plus facile. Non le vin rosé n’est pas obtenu avec le mélange de rouge et de blanc. Ce n’est pourtant pas si simple, il y a toujours des exceptions qui mettent la règle à l’épreuve. Le champagne, encore lui, a ce traitement de faveur. Pour sa défense, son mode d’élaboration est complexe d’où cette possibilité qui lui est offerte. Des lobbys puissants ont tenté en 2009 de permettre cette pratique, du mélange des couleurs, dans l’union européenne. Il faut savoir que bien des pays pratiquent cette méthode comme l’Australie ou l’Afrique du sud. Heureusement pour nous, ce texte est repoussé à perpette pour le moment.

Mais comment on fabrique le rosé ?

On peut donc déduire que le rosé possède sa propre méthode de vinification. Pour commencer, vous prenez des raisins noirs. Ils donneront la couleur qui va du rose très pâle au saumon fumé. Le goût est lui-même très différent d’un vin à l’autre. L’élaboration est très pointue et le facteur temps joue un rôle primordial dans le résultat. Je vais tenter de vous décrire les deux techniques principales pour obtenir du rosé.

Le rosé de saignée

Il provient du vin mis en cuve. Les étapes du départ se rapprochent de la fabrication de vin rouge. On sépare les baies du raisin des rafles et hop on l’écrase dans un grand récipient, le foulage. Début de macération dans des cuves. A ce moment-là le vigneron intervient pour soutirer une partie de la cuve dans un délai très court qui va de 2 heures à 36 heures maximum. La fermentation a déjà commencé. Au-delà, si on laisse faire, on obtient du vin rouge et c’est ce qui arrive au reste de la cuve. Le temps passé donnera la couleur plus ou moins intense. Le vin restant deviendra un rouge plus corsé puisqu’une partie du jus enlevé avant d’avoir usé tous les tanins apporté par les peaux. La cuve est donc saignée. On reprend alors la fermentation pour finir de transformer les sucres en alcool.

Le rosé de pressurage

Il commence sa carrière de la même façon, on enlève les rafles. A partir de ce moment tout change. On le presse directement le jus. La couleur dépend alors de la force employée plus c’est pressé, plus c’est rose foncé. Le résultat sera plus clair qu’avec la saignée. Ce jus fermente afin de transformer les sucres en alcool et le tour est joué.

L’étape ultime, la dégustation

Vous savez maintenant comment on fabrique le rosé, dans les deux cas, il ne reste qu’à la mettre en bouteille et direction l’étalage de votre caviste préféré. Le rosé se boit, le plus souvent jeune. Un vin assez festif et fruité. Certains éleveurs veulent donner ses lettres de noblesse au rosé et le font vieillir. Ces descriptions simplifiées pour le pas vous embrouiller car le rosé réclame beaucoup d’attentions et d’étapes pour arriver à un produit qui nous réjouira. La température  joue un rôle important. Des mots comme débourbage, soutirage, collage ou clarification sont employés pour définir des étapes intermédiaires.

Tout cela m’a donné soif. Il fait chaud aujourd’hui, que diriez-vous d’un Clairet de Bordeaux ? Ou d’un « côtes de Provence » ? Pour ma part, je vais opter pour un UBY qui vient des côtes de Gascogne. A la vôtre !

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